Allo, c’est Valérie, j’appelle les photographes qui m’ont suivi à Socotra, serais tu intéressé pour aller dans le Manguistaou. Dans quoi ? le Manguistaou, région ouest du Kazakhstan. Et voila, c’est parti pour un nouveau voyage aventure dans cette région encore peu connue …
Le Kazakhstan est le neuvième plus grand pays du monde en termes de superficie et le plus grand pays enclavé.
Le Kazakhstan est environ 4,9 fois plus vaste que la France.
Il compte 20 millions d'habitants et présente l'une des densités de population les plus faibles au monde, avec moins de 8 hab/km2. Les Kazakhs constituent la majorité de la population, tandis que les Russes forment une minorité importante. Officiellement laïc, le Kazakhstan est un pays dont la population est à majorité musulmane, bien que la minorité russe constitue une importante communauté chrétienne.
Sa population est majoritairement composée de Kazakhs, un peuple d'origine turcique (et non arabe). La langue officielle est le kazakh (et le russe est largement parlé), qui appartiennent à la famille des langues turciques et n'ont pas de lien direct avec la langue arabe.
Les grandes villes (Almaty, Astana (capitale) ) : Offrent un cadre de vie moderne, de nombreux services, des infrastructures développées et des opportunités pour les expatriés (notamment dans l'ingénierie, le pétrole, la finance ).
Les régions rurales ou industrielles secondaires : Présentent un coût de la vie beaucoup plus bas, mais des conditions socio-économiques plus précaires.
Deuxième producteur de pétrole d'Asie centrale et aussi le 2ème producteur mondial d'uranium.
Au début de l'époque moderne, ce vaste pays est peuplé de nomades turcophones, les Kazakhs, chasseurs et éleveurs, dont les traditions sociales sont basées sur une structure clanique qui perdure jusqu'à nos jours.
Ce territoire, âprement disputé entre la Russie et la Chine, finit, par le jeu d'alliances et de pressions militaires, par passer sous tutelle, puis sous domination directe de l'Empire russe.
Les fortes pressions exercées par la Russie tsariste pour imposer sa politique de colonisation provoquent le ressentiment des Kazakhs. Dans les années 1860, la plupart des Kazakhs refusent l'annexion par la Russie mais ils ne parviennent pas à l'empêcher. Ils ne peuvent résister à la russification forcée de leur peuple en essayant de conserver leur style de vie nomade traditionnel et leur économie largement basée sur l'élevage, surtout en raison de la famine qui se répand rapidement, anéantissant des tribus kazakhes.
La République socialiste soviétique kazakhe est créée en décembre 1936 puis incorporée à l'Union soviétique. À partir des années 1950, le Kazakhstan devient l'enjeu de plusieurs projets soviétiques ambitieux : le polygone nucléaire de Semipalatinsk et ses laboratoires nucléaires, le cosmodrome de Baïkonour et la campagne des terres vierges.
Lors de la dislocation de l'URSS qui a lieu officiellement le 26 décembre 1991, la RSS du Kazakhstan est la dernière des quinze républiques soviétiques à déclarer son indépendance, qu'elle proclame le 16 décembre 1991. Kassym-Jomart Tokaïev, est élu président le 9 juin 2019.
Puits de gaz sur la route d’ Aktau
Le Manguistaou (Mangystau) se trouve dans le sud-ouest du Kazakhstan, en Asie centrale, sur la rive orientale de la mer Caspienne. C'est une région très aride, située entre la mer Caspienne et les vastes étendues désertiques d'Asie centrale.
La cartographie du Manguistaou est indissociable de sa géologie unique. Anciennement recouvert par l'océan Téthys, ce territoire regorge de fonds marins asséchés, de falaises de craie et de formations érodées spectaculaires.
Le paysage donne parfois l'impression d'être sur une autre planète, d'où son surnom de désert lunaire.
Le Manguistaou est un vaste territoire désertique du Kazakhstan, situé à l'est de la mer Caspienne. Son paysage spectaculaire est le résultat d'une longue histoire géologique marquée par les transgressions et les régressions marines, les mouvements tectoniques et l'érosion.
Ancien domaine marin, cette région conserve dans ses reliefs les traces de sédiments accumulés pendant des millions d'années. Les calcaires, les craies, les marnes et les argiles constituent aujourd'hui de véritables archives géologiques à ciel ouvert.
Les soulèvements tectoniques ont progressivement exhumé ces formations, tandis que le vent et les intempéries ont sculpté les plateaux, les falaises, les canyons et les reliefs isolés. Les paysages du Manguistaou offrent ainsi une lecture exceptionnelle de l'histoire de la Terre, entre mémoire des anciennes mers et modelé des déserts actuels.
Allez dans le Manguistaou, c’est aller à Aktau, En kazakh, Aktaou signifie « montagne blanche », ce nom faisant référence aux falaises qui surplombent la mer Caspienne. Elle est située dans une région aride, à 1 736 km au sud-ouest d'Astana, la capitale du Kazakhstan.
Le climat est continental avec des hivers relativement froids (−4 °C en janvier) et des étés chauds (27 °C en juillet). Il tombe en moyenne 150 mm de précipitations par an.
De France, vol pour Istanbul puis vol d’Istanbul pour Aktau.
Notre première étape : Les concrétions sphériques de Torysh : des boules de roche, parfois de la taille d’un ballon, parfois de plus d’un mètre, formées quand des minéraux se sont déposés autour d’un noyau avant d’être dégagées par l’érosion.
La piste était bien cabossée , car dès qu’on quitte la route goudronnée, les 4x4 doivent épouser les trous et les bosses. Et ce sera notre premier bivouac.
La Vallée des Boules se caractérise par ses formations géologiques extraordinaires, constituées de nombreuses concrétions sphériques disséminées dans le paysage. Ces concrétions, ou « boules », varient en taille, allant de petits cailloux à de gros blocs, avec des diamètres allant de quelques centimètres à plusieurs mètres. Les formations sont composées de couches de roches sédimentaires , et leur forme sphérique si particulière est attribuée à des millions d'années d' érosion et de processus géologiques.
Les concrétions sont de différentes couleurs, dont le marron, le beige et le gris, ajoutant à l'attrait visuel de la vallée. Au fur et à mesure que les visiteurs explorent la région, ils peuvent assister à l'interaction fascinante entre la lumière et l'ombre sur les formations sphériques, créant une atmosphère captivante et d'un autre monde.
La formation de la Vallée des Boules serait le résultat de plusieurs processus géologiques survenus au cours de millions d'années. La région était autrefois recouverte par une mer ancienne, et des dépôts sédimentaires s'y sont accumulés au fil du temps. Ces sédiments étaient composés d'un mélange de sable, d'argile et de minéraux.
La formation des concrétions sphériques a commencé par la précipitation de minéraux autour d'un noyau central ou noyau. Au fil du temps, des couches supplémentaires de minéraux se sont accumulées autour du noyau, entraînant la croissance des concrétions. Le processus spécifique de cimentation concrétionnaire, où les minéraux précipitent et lient les particules de sédiments ensemble, a joué un rôle crucial dans la formation de la forme sphérique.
Parfois elles ressemblent à des personnages !
On pense que la formation de concrétions dans la Vallée des Boules s'est produite à la fin du Crétacé et au début du Paléogène, il y a entre 70 et 50 millions d'années. L'érosion et l'altération subséquentes des roches sédimentaires environnantes ont exposé les concrétions, créant le paysage distinct que nous voyons aujourd'hui.
Les processus d'érosion, y compris l'érosion éolienne et hydrique, ont progressivement façonné le paysage et éliminé de manière sélective les couches de roches sédimentaires environnantes plus molles, laissant les concrétions plus dures et plus résistantes exposées à la surface. Le résultat est une remarquable concentration de formations sphériques disséminées dans la vallée, variant en taille et en couleur.
Notre voyage se poursuit par une halte au Canyon de Kokala.
Le canyon de Kok-Kala, alternativement connu sous le nom de Kokala, est une petite gorge enchanteresse remplie de roches étonnamment brillantes et colorées. Ici, des couches de calcaire multicolore, d’argile et de sédiments anciens se réunissent pour créer un spectacle visuel. Les scientifiques ont retracé les origines de ces formations rocheuses jusqu’à la période jurassique, nous reliant à un monde vieux de millions d’années. Le nom « Kok-Kala » lui-même se traduit par « Forteresse bleue » ou « Montagne bleue », ajoutant une couche d’intrigue au site.
Les falaises affichent des strates multicolores de calcaire, d'argile et de sédiments anciens. Les couches sombres visibles dans la roche abritent des traces fossilisées de plantes et de débris de forêts anciennes datant de 170 à 200 millions d'années
En s’arrêtant pour le faire le plein des 4x4, on a cru qu’on allait faire le plein d’essence mais en fait il s’agissait de Gaz GPL. Pourquoi ?
Le Kazakhstan est l'un des pays où le carburant est le moins cher au monde. Cependant, le GPL y est vendu environ trois fois moins cher que l'essence, ce qui pousse des centaines de milliers d'automobilistes à installer des kits de conversion bicarburant (essence + gaz) sur leurs voitures.
Prix moyen de l'essence : Environ 0,70 $ le litre.
Prix moyen du GPL : Environ 0,24 $ le litre.
Cette dépendance extrême au GPL à bas prix est d'ailleurs un sujet hautement sensible : en janvier 2022, la fin brutale du plafonnement des prix du GPL par le gouvernement avait déclenché des émeutes historiques dans tout le pays. Depuis, le gouvernement gère la hausse des prix de manière très prudente.
C’est ainsi que dans les petite villes traversées, il y avait de nombreuses stations de gaz qui se succédaient, avec 1 pompe , 1 “pompiste” et 1 baraque de wc !.
Toujours par les pistes cabossées, et après le Canyon de Kokala, on arrive dans un premier lieu impressionnant : La « Vallée des Châteaux » ( vallée d'Airakty-Shomanay )
La « Vallée des Châteaux » doit son surnom poétique aux dessins et croquis réalisés par le poète, écrivain et peintre ukrainien Taras Chevtchenko lorsqu'il a visité et exploré la région au XIXe siècle (en particulier vers 1851 lors de son exil militaire)
Il ne s'agit pas d'un véritable château construit par l'homme, mais d'une formation géologique spectaculaire façonnée par l'érosion du vent et de la pluie sur les strates de calcaire et d'argile.
Les montagnes prennent l'apparence de forteresses géantes avec des tours, des remparts et des dômes naturels qui rappellent les ruines d'un royaume oublié. Les environs d'Airakta ressemblent à une mystérieuse ville désertique avec des vestiges en ruine.
« Vallée sur la route de Khiva » (1851) — aquarelle représentant une vallée entre les montagnes Kara-Tau et Ak-Tau, dans l'actuel Kazakhstan. Taras Chevtchenko
Notre Valérie, bienveillante, cherche une place pour établir notre camp à l’abri du vent qui souffle fort. On a eu des nuits bien agitées, les boules Quies étaient bien utiles.
Dans la région de Mangystau, le vent joue un rôle central, à la fois dans le climat quotidien et comme puissant sculpteur géologique des paysages arides.
Un climat venteux : Le vent souffle presque en permanence dans cette vaste péninsule désertique située près de la mer Caspienne. [
Architecte des paysages : Avec la rareté des pluies et de grandes amplitudes thermiques, l'érosion éolienne et pluviale a modelé les roches tendres et dures sur des millions d'années.
Le lendemain, départ pour le Marais salé de Tuzbair.
En kazakh, il est appelé « sor », ce qui désigne un type de marais salé sans écoulement et peu profond. Les sores se forment dans des dépressions ne dépassant pas un mètre et demi de profondeur. Lors de la fonte des neiges au printemps, le marais salé est recouvert d'une fine couche d'eau.
Chaque année, des voitures se retrouvent coincées dans la zone marécageuse du marais salé, qu'il est ensuite très difficile de dégager.
Selon les scientifiques, la région actuelle de Mangystau était autrefois le fond de l'océan Téthys, situé entre les supercontinents de Laurasie et de Gondwana, il y a environ 250 millions d'années. Cela est attesté par les squelettes de requins et leurs dents, que l'on trouve parfois dans cette vallée. Avec le temps, à mesure que l'eau se retirait, la combinaison du vent et de la pluie a façonné le paysage, créant de belles falaises de craie sculpturales, des falaises et des dépressions. On pense que le Sora Tuzbair, ainsi que les plateaux, les gorges et les ravins, se sont formés à la suite de l'érosion des roches les plus tendres.
A notre arrivée, nous découvrions le plateau d'Ustyurt qui prend fin brusquement pour former une cascade de marches argileuses, calcaires et gypseuses, à la base desquelles se trouve un marais salant. Les falaises de gypse à la verticale sont découpées par de nombreux ravins et canaux profonds, formant des rangées interminables de colonnes vertigineuses.
Notre camp sera installé au pied des falaises de gypse et comme un bord de mer à marré basse , on se promener sur le lac salé pour admirer le paysage , photographier et faire voler le drone .
Le 4X4 à droite
Un aller retour dans la journée, nous decouvrons une formation géologique spectaculaire, encore une : Le canyon d'Ybykty Sai qui est une falaise calcaire aux formes bizarres uniques. Leur hauteur varie de 3 à 6 mètres. mais ce canyon très étroit présente des cavités, des trous, des grottes, des formations bizarroïdes.
Il peut être considéré comme l'un des plus anciens monuments naturels. Le canyon s'est formé il y a environ 66 à 41 millions d'années. C'est à cette époque que les dinosaures ont disparu.
Rencontre d’un groupe scolaire kazakh faisant un reportage vidéo, en costume local.
Beaucoup de dromadaires se baladant dans les plaines, souvent tagués par leurs propriétaires
Le lendemain, départ vers la Dépression de Karynzharyk,
Karynzharyk s'étend sur 85 kilomètres d'ouest en est. Elle est bordée par la crête de Muzbel à l'est et le désert du même nom à l'ouest.
Le mont Karamaya, qui s'élève à 210 mètres au-dessus du niveau de la mer, se trouve à 17 kilomètres au nord de la vallée. Les géologues pensent que cette montagne s'est formée il y a environ 70 millions d'années à la suite d'une puissante éruption volcanique.
C’est majesteux et venté ! , heureusement que le drone se comportait sans bémol, compte tenu du vent et des rafales.
On découvre aussi ce lac salé ou se découpent les monts du lever au coucher du soleil.
Senek est un village d'une population d'environ 2.000 personnes situé dans le district de Karakiyansky .
Au nord-est du village, il y a une zone de sable nommée d’après le village – Senek Sands. Ici, vous pouvez voir des paysages incroyablement pittoresques d'un désert de contes de fées.
Une des “attractions” les plus réputées du Manguistaou, est bien le tractus de Kyzylkup, surnommé le Tiramisu, compte tenu des strates colorées des collines , gorges et autres pitons.
La couleur des couches est donnée par des impuretés de divers minéraux. Les couches blanches sont constituées de craie, tandis que les couches rouges contiennent du fer.
On retrouve ici aussi l’histoire du fond de l'ancien océan Téthys. Et il y avait une accumulation constante de sédiments dessus : argile, sable, divers organismes. Il n'est donc pas surprenant que les paysages changent de couleur à différents moments de la journée. Pendant la journée, par temps ensoleillé, le paysage est d'un blanc immaculé, le soir il prend des teintes crème, et au coucher du soleil il devient violet.
Tant de photos faites au sol en drone oblige à faire des choix “terribles”, car toutes ces images sont d’une toute beauté et parfois sur place, on se sent tout petit.
On échappe pas à quelques bus de touristes, chinois pour la plupart, qui en bus d’Aktau vont y passez quelques heures mais sans y dormir ( cool).
Les petits insectes à droite sur l’image, c’est nous !!
Au cours de cette randonnée, nous découvrirons le lit de la rivière asséché qui serpente dans le calcaire et l'argile, pour finir par une petite gorge, dont les pentes sont peintes dans des tons d'ocre ponctués par des taches blanches comme neige.
Un tout petit peu à l’écart, Une montagne isolée avec ses couches de crème, de cacao, de mascarpone, saupoudrée par un peu de chocolat , elle s’appelle Bokty. On y est allé au coucher et lever du soleil, les couleurs changent beaucoup selon les heures et le soleil.
Toujours sur la même zone, d’autres collines avec des canaux tels des “branches d’arbres”. Vertigineux vu du ciel.
Incroyable non !
Photographier, voler en drone, charger les ordis, le téléphone demande un chargeur, pas facile quand on est au milieu de nulle part. Sur le coté du camp, un groupe électrogène nous permettait de le faire . Notre camp était composé de 4 tentes doubles ainsi qu une tente pour les repas. le vent, la poussière , le froid la nuit agrémentait nos nuits. Avec parfois un rencontre inattendue!
Nous roulons vers notre dernière étape , une des plus spectaculaires, Le Dragon de Bozjyra ou Crête du Dragon) qui est une formation rocheuse dentelée située au cœur du désert et du plateau d'Oustirt.
On peut voir de vastes déserts d'argile, des montagnes calcaires et des buttes de plus de 200 mètres de haut. Au cours de l'ère mésozoïque, cette zone était couverte par l'océan Téthys (toujours lui), et on peut maintenant y trouver de nombreux fossiles de coquillages et des dents de requins préhistoriques. Les vagues de l'océan, puis le soleil et le vent, une fois toute l'eau disparue, ont façonné le paysage tel qu'il peut être vu aujourd'hui, ce paysage aride, gris clair, donnant l'impression d'un morceau de Lune sur Terre.
Un bus de kazakhs venus faire quelques photos au pied des formations rocheuses
Le Vent, j’en ai déjà parlé, et voila qu’on veut installer notre camp au pied de la Crête du Dragon, pour être là au lever du soleil mais le vent déjà un peu présent s’est levé, et là , les tentes ne pouvaient résister. on a pu se réfigier pour la nuit dans le seul “restaurant” très récent au bord la route, où nous avons dormi.
Au terme de ces 11 jours sur place, on se dit avoir eu la chance de découvrir ces paysages , cette histoire géologique. Toutes ces manifestations rocheuses, canyons, crêtes… dont l’origine remonte au temps des dinosaures. A coup sur, le tourisme va se développer pour la recherche de lieux spectaculaires comme ceux là.
Le voyage ne serait pas parfait sans le partage et le plaisir d’être dans un groupe où on a partagé le plaisir photographique et “dronique” dans la bonne humeur.
A Valérie ( Nature du Monde ) qui m’a proposé ce nouveau voyage.
Trop nombreuses photos à partager !!…
Atterrissage bancal
